L'autruche
J’aimerais trouver les mots
Les mots justes, les mots qu’il faut
Pour nommer cette ignorance ordinaire
La décrire, la crier et l’extraire.
J’ai l’impression que je ne trouverai jamais
Alors j’ai choisi de l’observer, de la chercher.
Elle est tout le temps. Elle est partout.
Ici et ailleurs. Chez toi, chez nous.
La première fois elle m’a percutée
A son monde virtuel elle était connectée
En pleine rue elle m’a foncée dessus
Les yeux baissés, le réseau perdu.
Pendant des semaines elle m’a bouleversée
Corps d’enfants négligés et souillés
Par du personnel dit qualifié
Consenti par l’administration dégonflée.
Sur les trottoirs elle m’a indignée
En évitant la main tendue du misérable
Jetant son mégot par dessus son épaule
Resserrant sa cravate, réajustant son rôle.
A l’heure de pointe elle m’a donné la nausée
Affichant sa priorité : son propre intérêt
Quitte à pousser ou insulter. Les écouteurs branchés,
Pour mieux esquiver l’appel à l’aide de la violée.
Au quotidien elle s’est finalement dévoilée
En rentabilisant patiemment l’inégalité
En opprimant durement les minorités
En justifiant froidement la cruauté.
Ici et ailleurs, chez toi, chez nous
Pas besoin de la chercher beaucoup
L’ignorance m’a suivie sans fin
Elle était à portée de main.
J’aimerais trouver les mots
Les mots justes, les mots qu’il faut
Pour inventer une conscience sans oeillère
La décrire, la crier et la parfaire.
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